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La veille sanitaire et l’alerte en Ile-de-France, une priorité de l’Etat
La veille sanitaire et l’alerte sont une priorité pour l’Etat. En Ile-de-France, la veille sanitaire est assurée par un large réseau de partenaires animé par les huit Directions départementales des affaires sanitaires et sociales et par l’antenne régionale de l’Institut de veille sanitaire, la Cellule interrégionale d’épidémiologie.
La veille sanitaire a pour objectif principal de détecter dans les délais les plus brefs possibles la survenue de tout événement de santé inhabituel (maladie émergente, épidémie, impact inhabituel d’un phénomène environnemental…).
La veille sanitaire, une priorité de l’Etat
La veille sanitaire en région est une priorité de l’Etat, réaffirmée lors du vote de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004, qui s’appuie sur l’Institut de veille sanitaire (InVS).
En Ile-de-France, la veille sanitaire est assurée par les huit Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass), la Cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Ile-de-France, antenne de l’Institut de veille sanitaire, ainsi que par un large réseau d’acteurs incluant de nombreux professionnels de santé.
L’ensemble de ces partenaires (la Cire, les Ddass et tous les autres acteurs) constitue le réseau régional de veille sanitaire.
De multiples acteurs organisés en réseau
Premier maillon de la chaîne, les professionnels de santé, qui ont pour mission de signaler aux autorités sanitaires tout événement de santé inhabituel et en priorité les maladies donnant lieu à une déclaration obligatoire.
Deuxième maillon, les Ddass sont organisées pour réceptionner ces signalements en permanence, y compris la nuit et les week-ends en s’appuyant sur les permanences des préfectures. Elles sont chargées de faire une première analyse du signalement, d’en estimer la gravité, de mener les premières investigations. Si nécessaire, elles alertent le Préfet voire le ministère de la Santé et des Solidarités, qui peuvent décider d’informer les professionnels de santé, et le cas échéant, la population.
Troisième maillon, la Cire Ile-de-France participe à l’animation des systèmes de surveillance au niveau régional. Elle gère notamment, avec un grand nombre de partenaires un système de surveillance de la morbidité et de la mortalité (Summo). Celui-ci permet d’analyser chaque jour un grand nombre de données en provenance de multiples acteurs, d’identifier des alertes et d’évaluer à tout moment la situation en cas de phénomène de grande ampleur. La Cire fournit quotidiennement aux décideurs (Préfecture de zone, Préfecture de région, Préfectures de département, Ddass, Agence régionale de l’hospitalisation, directeurs d’hôpitaux…) un bulletin de veille sanitaire, résultat de la remontée d’informations.
Au niveau national, l’Institut de veille sanitaire doit être informé de toute alerte avérée par les services départementaux de l’Etat. Il valide ces alertes avec les acteurs de terrain et leur apporte son appui avec la Cire dans la conduite des investigations. Il propose des recommandations pour la gestion de l’alerte. Par ailleurs, il informe les Ddass de la survenue de tous cas groupés détectés par les systèmes de surveillances nationaux (en particulier dans le domaine des maladies infectieuses). Il assure une veille internationale. Sur la base de l’ensemble des informations dont il a connaissance, il adresse chaque jour un bulletin des alertes au ministère de la Santé et des Solidarités (Ministre et Directeur général de la santé).
Le Département des situations d’urgence sanitaire (Désus) de la Direction générale de la santé est chargé d’apporter son appui aux services déconcentrés dans la gestion des alertes. Il prend en charge la gestion des alertes de dimension interdépartementale ou lors de crises d’ampleur nationale.
Des champs d’actions divers : maladies infectieuses, risques liés à l’environnement, cancers
Les champs d’actions de la veille sanitaire sont variés.
En premier lieu, celui des maladies infectieuses. La veille sanitaire y a pour but principal d’identifier le plus plus précocément possible les cas de pathologies nécessitant des interventions urgentes, comme les infections invasives à méningocoques ou la fièvre typhoïde. Lorsque surviennent des cas groupés de pathologies (légionelloses, toxi-infections alimentaires collectives…), c’est grâce aux enquêtes épidémiologiques, environnementales, alimentaires menées, qu’il est possible d’en identifier les causes et de mettre en œuvre les mesures de prévention. Mais, au-delà, la veille sanitaire décrit également l’évolution des principales pathologies dans la région. Ainsi, l’analyse régionale des maladies à déclaration obligatoire permet par exemple de suivre l’ampleur et l’évolution de l’infection à VIH et de la tuberculose en Ile-de-France.
La veille sanitaire s’intéresse aussi aux risques liés à l’environnement et à leurs impacts sur la santé. Ainsi, et par exemple, les intoxications au monoxyde de carbone, liées essentiellement aux appareils de chauffage, sont encore nombreuses dans la région et donnent lieu à un système de déclaration et de suivi pour évaluer l’efficacité des actions de prévention. Il en est de même pour le saturnisme infantile. Dans un tout autre domaine, l’Ile-de-France, ancienne région industrielle, connaît de nombreuses situations de reconversions de sites pollués en aménagements urbains. L’évaluation des risques pour la santé des occupants et futurs occupants est alors une nécessité afin de les protéger de toute atteinte toxique. Les huit Ddass et la Cire oeuvrent ensemble pour donner des avis sur ces évaluations.
Enfin, il faut noter le projet de création d’un registre général des cancers dans le Val-de-Marne, mené par la Cire Ile-de-France sous la direction du Département des maladies chroniques et des traumatismes de l’InVS.
Modifié le mardi 30 janvier 2007
Administrations Sanitaires et Sociales de l’Etat, DRASS et DDASS en Ile-de-France