------------------------------- Comité Régional de l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé I\ Données de cadrage régional
II\ Analyse cantonale de l’offre de soins de proximité
III\ Synthèse de l’offre régionale
IV\ Conclusion V\ Glossaire VI\ Annexes VII\ Bibliographie I\ Données de cadrage régional La région Ile-de-France est une région dynamique et prospère, de nombreux indicateurs socio-économiques, démographiques et sanitaires la positionnent dans une situation favorable. Néanmoins, c’est aussi une région faite de contrastes très marqués, présentant de très importantes disparités au sein des populations et des territoires franciliens. La concentration de population apparaît comme un facteur aggravant les disparités. A) Présentation générale de la région La région se divise administrativement en 8 départements, répartis entre Paris, la Petite Couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val de Marne) et la Grande Couronne (Seine et Marne, Yvelines, Essonne et Val-d’Oise) Il existe en Ile-de-France un important flux journalier de population. Environ 1 million de franciliens migrent chaque jour vers la Capitale pour y travailler. D’une manière générale, les déplacements augmentent avec la proximité du centre et la densité des réseaux de transports. 1- Les données démographiques en région Ile-de-France : une capitale, jeune mais vieillissante Avec près de 11 millions d’habitants recensés
en 1999, la région Ile-de-France présente un poids démographique
très important (elle accueille 18,7% de la population française
sur 2% du territoire). L’Ile-de-France se caractérise également par une proportion plus importante qu’en province de personnes se déclarant de nationalité étrangère. Près de 40% des étrangers qui vivent en France sont installés en Ile-de-France. La région Ile-de-France est une région jeune, mais les disparités internes perdurent entre un centre francilien âgé et une périphérie plus jeune. 2- Les données géographiques franciliennes : une région fortement urbanisée La région regroupe 1 281 communes, et l’agglomération
de Paris comprend 396 communes, dans lesquelles vivent 9,6 millions d’habitants
(88% de la population francilienne) sur 22,7% du territoire régional. En 1999, la répartition de la population francilienne
révèle qu’au sein de la région, c’est à Paris
que le poids des 25-59 ans est le plus important. Parallèlement,
Paris et les départements de la Petite Couronne abritent une part
supérieure à la moyenne régionale de plus de 60 ans.
Seule la Seine-Saint-Denis se distingue avec un poids important de jeunes,
caractéristique que l’on retrouve également dans les départements
de la Grande Couronne (en Grande Couronne, ce sont notamment les villes
nouvelles qui concentrent le plus de jeunes). Ces disparités départementales recouvrent elles-mêmes de fortes disparités communales, qui tiennent aux caractéristiques des logements offerts, mais aussi à l’attrait actuel ou passé des communes. A Paris et en Petite Couronne, les arrondissements les plus favorisés sont globalement plus âgés que la moyenne. En Grande Couronne, les contrastes sont très importants, les situations extrêmes étant observées dans les villes nouvelles, où la part des personnes âgées de 60 ans ou plus est très faible et dans certaines communes rurales situées aux franges de la région, où la part des personnes de 60 ans ou plus peut atteindre 25%. En outre, l’Ile-de-France compte 22% des zones urbaines sensibles métropolitaines (157 sur 716). En 1999, 1 332 000 Franciliens ont été recensés dans ces zones, soit 12% des habitants de la région. Ils représentent environ 30% des habitants de ZUS de métropole. Près d’un quart des étrangers franciliens résident en ZUS. Si la région Ile-de-France est la plus urbanisée
des régions de France (40% des communes franchissent le seuil des
2 000 habitants), elle présente également, après
ses banlieues, des zones périurbaines, lesquelles ont pris le relais
de la croissance urbaine. 3- L’Ile-de-France, la première région économique de France : des inégalités sociales fortes Les difficultés économiques, les transformations des structures familiales, la montée de l’activité féminine ont des effets contrastés selon les catégories sociales qui tendent à amplifier les différences de niveau de vie entre elles et contribuent ainsi à l’accentuation des disparités spatiales. La moitié des franciliens vit dans des communes
caractérisées par un taux de pauvreté élevé
(communes du nord-est de la région). A l’inverse, un quart réside
dans des communes où les ménages à hauts revenus
sont largement sur représentés (communes de l’ouest de la
région). Malgré des disparités infra régionales
importantes, le marché du travail reste relativement favorable
en Ile-de-France. Avec un taux d’activité le plus élevé
des régions françaises, l’Ile-de-France présente,
un taux de chômage globalement plus faible (11,5%). Enfin, au 31/12/2001, 9,4% des ménages franciliens sont concernés par les minima sociaux. Les minima sociaux sont sur-représentés en Seine-Saint-Denis, Paris est en 2ème position. Les disparités socio-économiques entre départements ont tendance à se renforcer. La Seine-Saint-Denis s’oppose de plus en plus au groupe " aisé " formé par Paris, les Hauts-de-Seine et les Yvelines.Ainsi, la juxtaposition d’indicateurs de difficultés montre la situation particulièrement défavorable de la Seine-Saint-Denis. Dans ce département, le revenu moyen par habitant , inférieur de 28% au revenu moyen régional, est le plus bas des départements franciliens. Presque un foyer de Seine-Saint-Denis sur 2 (46%) est non imposable, la proportion d’allocataires du RMI (7% des ménages) est la plus élevée de la région. Le taux de chômage en Seine-Saint-Denis est le plus important de la région (17,2%), notamment chez les jeunes de 15-29 ans (21,9%). A l’intérieur même de chaque département, les inégalités s’accroissent également, et plus un département est riche, plus les inégalités sont fortes en son sein et sont vécues comme telles. B) Présentation des spécificités de la région en termes de santé publique et de structures de soins 1- Les problèmes de santé publique spécifiques à la région
L’espérance de vie à la naissance ne cesse
d’augmenter en France, et dans ce contexte d’évolution favorable,
les franciliens ont une espérance de vie constamment supérieure
à la moyenne nationale. En 1999, elle est de 76,3 ans pour les
hommes (75,1 ans en France métropolitaine) et de 83 ans pour les
femmes (82,5 ans en France ). Concernant les causes de décès, la situation
est très favorable dans la région pour les causes liées
à l’appareil circulatoire pour les deux sexes. Dans ce domaine
en effet les indices de mortalité sont inférieurs de plus
de 15% à la moyenne nationale. Pour les décès liés
à l’appareil respiratoire, la situation est également favorable
même si l'écart avec la France est moins important. En ce
qui concerne les tumeurs dans leur ensemble, le constat est plus mitigé
puisque l’indice comparatif de mortalité de la région se
situe en dessous de la moyenne nationale pour les hommes mais sensiblement
au dessus pour les femmes pour cette cause de décès Le taux de mortalité infantile francilien (4,9
décès d’enfants de moins d’un an pour 1.000 naissances vivantes),
qui a longtemps figuré parmi les plus bas de France, est aujourd’hui
très légèrement supérieur à la moyenne
nationale (4,5). A structure d’âge comparable, la mortalité
prématurée francilienne est légèrement inférieure
à la moyenne nationale pour les hommes et elle est comparable à
la moyenne nationale pour les femmes en raison, notamment d’un niveau
de mortalité par cancer relativement élevé chez les
franciliennes.
Depuis le début de l’épidémie de SIDA, l’Ile-de-France
reste la région la plus touchée de France métropolitaine. L’Ile-de-France est la région de France métropolitaine
la plus touchée par la tuberculose. Parmi les 6.296 cas de tuberculose
déclarés en France en 2001, 2 988 (47%) sont franciliens.
En 2001, l’incidence en Ile-de-France est de 27,2 cas pour 100.000 habitants,
contre 10,8 cas pour 100.000 habitants en France métropolitaine. Le saturnisme touche près d’un enfant sur trois
parmi les enfants dépistés en Ile-de-France. Le saturnisme
est une intoxication chronique au plomb qui concerne les jeunes enfants
résidant en zone d’habitat ancien et non réhabilité,
que l’on retrouve dans le centre de la région francilienne (40,5%
du parc immobilier) et particulièrement à Paris (environ
deux tiers). 2- Eléments généraux de description des structures de soins : une offre de soins globalement plus importante en Ile-de-France avec une part prépondérante de l’activité salariée Le réseau francilien des voies de communication, en particulier routier et ferroviaire se particularise par une diffusion radiale à partir de Paris. Toutefois, de manière générale, les conditions d’accès aux établissements de santé sont satisfaisantes pour l’ensemble du territoire. En matière d’offre de soins, les franciliens peuvent
être considérés comme plutôt favorisés
car l’Ile-de-France est l’une des régions les mieux dotées
de France. Les moyens de l’hospitalisation francilienne en termes de capacités,
densité des équipements et ressources financières
sont sensiblement plus élevés en MCO que ceux de la moyenne
des régions françaises. A l’inverse, de la situation en court séjour,
l’Ile-de-France est l’une des régions les moins bien dotées
en lits et places de soins de suite ou de réadaptation et présente
un déséquilibre inverse à celui de MCO : c’est
le Centre de la région qui est moins bien pourvu (Paris, les Hauts-de-Seine
et la Seine-Saint-Denis). Si la concentration de l’offre MCO au Centre de la région constitue une inadéquation majeure de l’offre hospitalière, elle aboutit également au constat d'une sensible inégalité de la répartition des équipements entre la Grande Couronne et le Centre. Toutefois, cette concentration des établissements de court séjour au Centre n’est pas étrangère à la renommée des hôpitaux parisiens. Elle n’est pas, non plus, en contradiction avec les mouvements de transhumance quotidiens des franciliens. A côté des ses établissements de santé, l’Ile-de-France a la particularité d’offrir à ses habitants une palette diversifiée d’offre de soins, notamment à travers les centres de santé (320 recensés) et les centres de PMI (344 selon le répertoire FINESS). II\ Analyse cantonale de l’offre de soins de proximité A - Analyse profession par profession de la pertinence de la caractérisation des zones La zone utilisée est le pseudo canton regroupé, correspondant soit à un canton, soit à un regroupement de cantons quand des cantons sont composés de fractions de communes. L'URCAM découpe ainsi le territoire de la région en 258 cantons regroupés. 1- Le classement des cantons franciliens dans les groupes de critères Les trois professions étudiées, médecins généralistes, infirmiers et masseurs kinésithérapeutes (MK) libéraux se répartissent comme suit dans les groupes : Tableau 1 : nombre de canton et population par groupe pour les médecins généralistes libéraux (classés par taille de population)
Seuls douze groupes sont présents en Ile-de-France sur les 27 possibles, et parmi eux, quatre possèdent un effectif réduit (1 ou 3 cantons, soit 2,3 % de la population francilienne). A l'opposé quatre groupes concentrent 78% des pseudo cantons (soit 81,6% de la population francilienne). Tableau 2 : nombre de canton et population par groupe pour les infirmiers libéraux (classés par taille de population)
Seuls sept groupes sont présents en Ile-de-France sur les neuf possibles, et parmi eux, trois possèdent un effectif réduit (1, 2 et 13 cantons) représentant 3,8% de la population francilienne. A l'opposé quatre groupes concentrent 93,8% des pseudo cantons (soit 96,2% de la population francilienne). Tableau 3 : nombre de canton et population par groupe pour les MK libéraux (classés par taille de population)
Seuls sept groupes sont présents en Ile-de-France sur les neuf possibles, et parmi eux, un groupe rassemble près de la moitié des cantons et de la population francilienne. Les groupes à faible densité ont les plus faibles effectifs en cantons et population (moins de 3% de la région). Pour les trois professions on note donc une forte concentration de cantons dans quelques groupes de critères. La comparaison de la répartition des cantons franciliens avec l'ensemble des cantons de France métropolitaine apporte des éléments utiles caractérisant l'Ile-de-France (voir tableau suivant). Tableau 4 : Effectif des cantons par groupe de critères Comparaison Ile-de-France / France
Au regard de ce tableau, il apparaît que l'Ile-de-France est sur-représentée dans les niveaux faibles des critères de densité, consommation et activité pour les médecins généralistes et à contrario, est très peu représentée pour les niveaux forts de ces critères, notamment pour la consommation où aucun cantons ne possède cette modalité. Les critères d'infirmiers libéraux révèlent également une répartition atypique. La moitié des cantons ont une densité faible d'infirmiers, tandis que le critère d'activité est sur-représenté dans le niveau fort. Les critères relatifs au MK révèlent par contre une distribution plus proche de celle observée sur l'ensemble du pays, avec notamment une concentration importante dans les niveaux moyens d'activité et de densité et une moindre représentation pour les autres niveaux. C'est notamment ce que l'on observe dans le tableau 3 avec le poids important du groupe 'moyenne_moyenne' (127 cantons). Sur l'ensemble des trois professions, les seuils adoptés pour les critères retenus soulignent la spécificité de la région Ile-de-France, avec notamment une sur-représentation des densités faibles de médecins et infirmiers libéraux et une présence plus importante des MK. 2- L’analyse de la classification Pour caractériser les cantons, les variables alternatives suivantes ont été utilisées :
L'ensemble de ces variables, utilisé tout ou partie dans les analyses, permet d'avoir une carte d'identité de chaque canton portant notamment sur des aspects socio-démographiques, d'habitat et condition de vie, d'accès aux soins, de mortalité… Plus spécifiques aux professions, sont utilisées également les variables suivantes :
Enfin la présence d'hôpitaux ayant un accueil d'urgences, effectuant des consultations externes, possédant des services MCO et/ou des centres de santé dans le canton sont également des éléments indispensables pour caractériser l'offre de soins alternative à l'offre libérale. En fonction de ces différents déterminants, des indicateurs de tendance centrale, de dispersion et des analyses de données (analyse discriminante et ACP) ont été utilisées pour caractériser les groupes de cantons de chaque profession. Au regard des différentes analyses, on observe une importante hétérogénéité des cantons dans les groupes de critères de médecins généralistes et infirmiers et une relative homogénéité dans les groupes de MK. Cette hétérogénéité se traduit par la présence dans des mêmes groupes de critères, de cantons très différents en termes de caractéristiques socio-économiques, démographiques, sanitaires… Ce qui signifierait donc que les deux ou trois critères utilisés sont insuffisants pour obtenir des groupes de cantons homogènes ou que les seuils calculés sur la France métropolitaine ne peuvent être appliqués à la spécificité francilienne. En effet, le calcul des seuils pour les trois professions sur la seule région Ile-de-France donne les résultats suivants.
Tableau 5 : seuils des critères pour la région Île-de-France
Les seuils obtenus confirment les hypothèses émises après la lecture du tableau 4, à savoir la dissymétrie constatée entre la distribution francilienne, notamment sur les médecins et les infirmiers, et la distribution française. Par contre quand les seuils sont plus proches, comme c'est le cas pour les MK, l'homogénéité des groupes est plus forte. Cependant, densité et activité, ne semblent pas être des critères suffisants pour expliquer une relative adéquation d'une profession à des cantons. En effet la prise en compte de l'âge, de la mortalité, de la morbidité, des situations locales… semblent autant d'éléments à prendre en compte. 3 Les cantons "fragiles" Les cantons que l'on classe ici comme fragiles doivent posséder deux types de caractéristiques :
Le taux de professionnels de plus de 55 ans présents dans un canton est également un élément d'appréciation important sur les perspectives d'offre de soins à moyen terme dans le canton.
La liste présentée ici met en évidence des cantons se distinguant dans leurs groupes de critères d'origine par rapport à la moyenne de ces groupes. Tous les cantons ont donc des degrés divers dans les variables les caractérisant et ne présentent pas tous les mêmes difficultés. De plus, par la nature des analyses utilisées, cette liste n'a pas vocation à être exhaustive. Les analyses de données utilisées sur les groupes de critères pour chacune des trois professions mettent en évidence des cantons "fragiles " présents au moins dans les analyses 'médecins' et 'infirmiers'. La synthèse suivante liste les cantons fragiles possédants les types de caractéristiques énoncés ci-dessus. La fragilité est exprimée en 3 groupes de variables : variables sociales, économiques et sanitaires (souvent associées), variables d'habitat- âge - condition de vie, variables ruralité et distance au professionnel de santé. Certains cantons cumulant les difficultés peuvent être citées plusieurs fois. Quelques remarques s'imposent :
Ces variables sont regroupées car elles apparaissent souvent ensemble dans les analyses. Elles sont notamment souvent opposées aux cadres et aux plus de 75 ans. Cependant, tous les cantons cités avec ces caractéristiques ne connaissent pas forcément l'ensemble de ces difficultés mais au moins deux d'entres-elles.
Les résidences sans confort, monoménages, plus de 75 ans et populations âgées isolées apparaissent souvent ensemble. Cependant il convient de souligner que le critère d'isolement est uniquement démographique et ne renseigne nullement sur les liens sociaux, familiaux ou sanitaires de la personne âgée. De même, la résidence sans confort s'applique à la présence ou non de sanitaires dans l'appartement mais ne renseigne sur un état de vétusté de l'appartement. A ce titre ce groupe de variables doit révéler des cantons avec ces caractéristiques sans que cela ne soit un indicateur fiable de précarité sanitaire appelant à l'installation de professionnels de santé supplémentaires. Il est donc nécessaire de ne pas juger ces cantons sur ces seuls indicateurs. Comme pour le 1er groupe, tous les cantons cités avec ces caractéristiques ne connaissent pas forcément l'ensemble de ces difficultés mais au moins deux d'entres-elles.
L'accès aux soins et aux professionnels est un critère important du décret du 28 novembre 2003 motivant les travaux du groupe 3. L'ensemble des cantons de ce groupe n'est pas forcément rural. De même tous les cantons ne présentent pas tous un temps accès importants aux soins et une distance éloignée aux trois professions de santé en même temps. Cependant ruralité et distance à au moins un des trois professionnels sont des indicateurs souvent liés. Les temps d'accès aux soins hospitaliers sont moins souvent présents comme variable déterminante. La liste recense : - des cantons connaissant au moins deux difficultés socio-économiques et/ou sanitaires : Alfortville Aubervilliers Aulnay-sous-Bois Bagnolet Beaumont-sur-Oise Bobigny Bondy Bonneuil-sur-Marne Combs-la-Ville Corbeil-Essonnes Créteil Dourdan Drancy Garges-lès-Gonesse Gennevilliers Gentilly Goussainville Grigny Ivry-sur-Seine La Courneuve La Ferté-Gaucher Le Mée-sur-Seine Le Raincy Les Lilas Les Pavillons-sous-Bois Limay Magny-en-Vexin Mantes-la-Jolie Meaux Melun Meulan Montereau-Fault-Yonne Montigny-le-Bretonneux Montreuil Nanterre Nemours Orly PARIS 18eme Arrondissement PARIS 19eme Arrondissement PARIS 20eme Arrondissement Pantin Pierrefitte-sur-Seine Romainville Saint-Denis Sarcelles Stains Torcy Trappes Tremblay-en-France Villeneuve-Saint-Georges Villeneuve-la-Garenne Villiers-le-Bel Vitry-sur-Seine Épinay-sur-Seine. Un tiers des cantons cités ci-dessus (soit 18 sur 54) sont situés en Seine Saint-Denis. - des cantons connaissant des difficultés en termes d'habitat- condition de vie- âge : Bois-Colombes, Chaville, Suresnes, Gennevilliers, Aubervilliers, Bray sur Seine, Clichy, Montreuil, Pantin, Paris 5ème, 10ème, 11ème, 12ème,14ème arrondissements. Et déjà cités pour d'autres caractéristiques : Bagnolet Bondy Montreuil Orly Saint-Denis Épinay-sur-Seine. Tous les cantons ayant ces caractéristiques sont situés à Paris et petite couronne. - des cantons se distinguant par leur ruralité et la distance aux professionnels de santé : Donnemarie-Dontilly Houdan La Chapelle-la-Reine La Ferté-Alais La Ferté-sous-Jouarre Le Châtelet-en-Brie Lizy-sur-Ourcq Lorrez-le-Bocage-Préaux Marines Mormant Rebais Saint-Arnoult-en-Yvelines Vigny Villiers-Saint-Georges et se distinguant également par un taux important de résidences sans confort : Château-landon, Ferté-Gaucher, Nangis, Bray sur Seine et Provins et Dourdan déjà cités pour ses caractéristiques sociales. 13 de ces 18 cantons sont situés en Seine et Marne. Au total, 84 cantons ont pu être dégagés selon notre analyse, ils se répartissent comme suit :
B - Caractérisation globale pour les différentes professions Sur les 258 cantons de la région, 94 cantons se caractérisent par une densité faible de médecins et d'infirmiers, parmi ces cantons cinq affichent également une densité faible de MK. Près de la moitié des cantons se caractérisent par une densité faible de médecins généralistes, et plus de 70% se caractérisent par une densité faible d'infirmiers. La quasi-totalité des cantons présentant des difficultés socio-économiques sont situés dans les groupes à faible densité de médecins ou d'infirmiers mais plus rarement (32%) dans les deux densités faibles en même temps. La situation est différente pour les MK du fait de leur densité situés dans des niveaux moyens ou forts. Cependant les cantons où la profession est moins présente sont aussi des cantons à difficultés socio-économiques. Le nombre de professionnel dépassant l'âge de 55 ans reste relativement réduit.
Ce taux moyen cache cependant des disparités infra-régionales importantes. Tableau 6 : taux de généralistes libéraux de plus de 55 ans
Les observations sur Paris et la Seine Saint-Denis montrent qu'un médecin sur 6 a plus de 55 ans. Ce taux n'est que de 1 sur 9 pour la Seine et Marne. Ce constat sur la Seine Saint Denis est d'autant plus préoccupant au regard du nombre important de cantons avec difficultés socio-économiques et sanitaires mis en évidence dans ce département.
Ce taux moyen cache également des disparités infra-régionales importantes. Tableau 7 : taux de généralistes libéraux de plus de 55 ans
La Seine et Marne est également le département le plus jeune. Paris, l'Essonne et les Hauts-de-Seine affichent des situations préoccupantes. Un canton de l'Essonne a l'ensemble de son effectif infirmiers dépassant l'âge de 55 ans.
Ce taux moyen cache également des disparités infra-régionales importantes. Tableau 8 : taux de MK libéraux de plus de 55 ans
Paris reste le département où les professionnels sont les plus âgés, suivis par les départements de petite couronne. III\ Synthèse de l’offre régionale A - Synthèse de l’offre de soins de proximité 1- Diagnostic quantitatif régional et départemental A ce stade, le diagnostic est la simple traduction de l’application de la méthodologie préconisée par la DREES.
Sur un ensemble de 258 cantons, 12 seulement, dont 8 situés dans Paris, se caractérisent par une forte densité. A l’inverse, 57 cantons peuvent être considérés comme " zones fragiles " – Il s’agit de cantons qui sont situés, soit en zone périurbaine (Seine et Marne notamment), soit en zones urbanisées à contexte social difficile (zones urbaines sensibles de petite couronne et de grande couronne)
On ne constate aucune exception au constat général d’une faible (voire moyenne) densité et près de 80 cantons peuvent être regardés comme zones fragiles. Les travaux conduits d’ores et déjà par l’URCAM d’Ile-de-France sur cette profession et présentés au comité régional dans sa séance du 26 mai ont permis de constater que, si la densité de ces professionnels en Ile-de-France est inférieure de moitié à ce qu’elle est en moyenne nationale, leur répartition géographique au sein de la région est cohérente avec celle de la population. Toutefois, l’intensité de l’activité sépare nettement les deux catégories de professionnels. Les médecins généralistes se caractérisent par une activité majoritairement faible ou moyenne à laquelle répond une consommation faible ou moyenne. Seuls 12 cantons se caractérisent par une activité forte : ils correspondent majoritairement à des zones périurbaines (5 cantons en Seine et Marne) ou socialement fragilisées, en Seine Saint Denis et dans le Val d’Oise. En revanche, les infirmiers se caractérisent par une activité majoritairement forte ou moyenne (15 cantons présentent une faible activité). L’étude de l’URCAM mentionnée ci-dessus permet de confirmer que ces valeurs constituent simplement la contrepartie de la faiblesse des densités. La pression de la demande est illustrée par deux points dans l’étude de l’URCAM :
A l’exception de 10 cantons, (zones périurbaines ou socialement sensibles), l’ensemble des départements de la région se caractérise par une densité d’implantation forte ou moyenne corrélée avec une activité majoritairement faible ou moyenne. 22 cantons se caractérisent par une activité
forte : ils sont situés pour l’essentiel dans des zones périurbaines,
avec pour certaines un pourcentage des plus de 75 ans supérieur
à la moyenne régionale ou dans des zones socialement en
difficultés. 2-Eléments à prendre en compte pour expliquer, préciser, relativiser
Outre l’offre constituée par les généralistes libéraux, elle comprend :
En Ile-de-France, de manière générale, l’ensemble des spécialistes représente, au sein du corps médical, un pourcentage plus élevé (près de 56%) qu’au niveau national (52%). On constate par ailleurs, que la densité moyenne de la région en spécialistes libéraux(122 praticiens pour 100 000 habitants) est de loin supérieure à la moyenne nationale (87 praticiens pour 100 000 habitants). Cette situation induit nécessairement, en Ile de France, une consultation de première intention auprès du spécialiste plus fréquente que dans les autres régions.
En moyenne régionale, et ,en dépit d’une réorganisation en profondeur, l’Ile-de-France se situait encore en 2002 au-delà des taux d’équipement nationaux, au moins dans les disciplines médicales et chirurgicales. La moyenne régionale masque des disparités départementales. Pour partie, elles s’effacent en raison d’une accessibilité aux structures hospitalières parisiennes rendue possible par l’organisation des transports publics et la structuration du système routier. Ainsi, au sein de 73 cantons désignés comme zones fragiles selon les critères DREES, (non compris onze cantons classés comme tels dans Paris) on recense 31 sites hospitaliers disposant de consultations externes. Parmi ceux-ci, 23 comptent un service d’accueil des urgences, et une partie dispose d’une permanences d’accès aux soins et à la santé (PASS), dispositif destiné à favoriser l’accès aux soins et à la couverture sociale. Ces 31 sites hospitaliers sont répartis sur l’ensemble des départements. Dans le secteur hospitalier, le cas de la psychiatrie est particulier. Si la région se situe au delà de la moyenne nationale pour la pédo-psychiatrie (source ADELI 2002) en termes de lits et de places, elle ne l’atteint pas pour la prise en charge des adultes. Le paragraphe III B analyse la situation des psychiatres en Ile de France. les centres de santé et les consultations de protection maternelle et infantile
Départements, communes, associations et mutuelles
ont développé, dans la deuxième moitié du
XIXème siècle et la première moitié du XXème
siècle des centres de consultation, de dépistage, notamment
anti-tuberculeux et anti-vénérien, et de soins infirmiers.
A Paris, chaque arrondissement compte de un à
neuf centres. En revanche, la Seine-et-Marne en est quasiment dépourvue,
de même que l’Essonne et les Yvelines.
Sur l’ensemble de la région, le nombre des centres
de santé a diminué fortement entre 1998 (358 centres) et
fin 2003 (320 centres).
A l’instar de l’offre libérale et hospitalière,
Paris se caractérise par la richesse de son offre en centres de
santé.
A l’heure actuelle, la démographie infirmière est la plus préoccupante. Une étude conjointe ARH-DRASS en Ile-de-France chiffrait à 6000 le nombre d’emplois d’infirmiers qui seraient vacants entre 2000 et 2004, du fait d’une pluralité de causes (la pyramide des âges pour l’ensemble, le turn-over et l’impact de la réduction du temps de travail en milieu hospitalier). Cette situation, dont l’amélioration n’est pas certaine (la profession demeure insuffisamment attractive aux yeux des jeunes franciliens) ne peut que peser sur l’exercice infirmier libéral. Dans un futur très proche, la démographie médicale va, à son tour, entrer en crise, avec le départ en retraite des tranches d’âge ayant précédé l’instauration du numerus clausus. Selon les projections démographiques de la DREES qui ont été établies au niveau national, l’impact serait, cependant moins brutal au sein des généralistes.
Dans les choix professionnels, la co-existence de modes
d’exercice alternatifs à l’exercice libéral induit une concurrence
qui parait jouer différemment selon les professions. A l’inverse, en Ile-de-France plus que dans les autres
régions, il semble que les infirmiers optent de manière
préférentielle pour le salariat, sur des postes permanents
ou en intérim. Le Comité Régional estime indispensable
de réfléchir aux moyens d’encourager cette forme d’exercice :
l’idée d’instaurer une souplesse, inexistante actuellement, entre
l’exercice libéral et l’exercice hospitalier revêt un intérêt
particulier.
Le poids des MEP (18% des omnipraticiens) en Ile-de-France
traduit les aspirations à de nouveaux modes d’exercice et constitue
une inconnue pour l’avenir de la fonction de médecin généraliste. B - Offre de soins pour d’autres professions de santé Après avoir élaboré un bilan global de la démographie médicale en Ile-de-France, la DRASS Ile-de-France a réalisé un état des lieux détaillé de certaines spécialités, notamment celles structurant les différents volets du SROS.Ont d’ores et déjà été traitées dans ce cadre certaines professions de santé, notamment les professionnels de l’imagerie, les sages femmes et la médecine physique et de réadaptation. La préparation du SROS de troisième génération donne lieux à des travaux démographiques, en particulier dans les secteurs des soins de proximité et de la santé mentale. Ainsi, la démographie des psychiatres de l’Ile de France est en cours d’étude, par comparaison avec l’ensemble des psychiatres exerçant au niveau national. Les sources d’information utilisées sont ADELI 2002 pour l’exercice libéral et la SAE pour l’exercice hospitalier. L’analyse démographique sera complétée
par une analyse de leur implantation entre départements. 1- La démographie en 2002 et dans les années futures En 2002, l’Ile de France compte 4.054 psychiatres, soit
près de 30% de l’ensemble France entière. Les femmes y sont
davantage représentées qu’au niveau national. 2-L’exercice libéral et le poids de l’exercice hospitalier dans le rééquilibrage partiel de l’offre de soins entre départements. De manière générale, l’Ile de France
se caractérise par une forte représentation de l’exercice
libéral :en 2002, les libéraux sont au nombre de 2.089
et les hospitaliers de 1.436.
Les psychiatres libéraux sont très représentés à Paris : 5,52 praticiens pour 10.000 habitants pour une moyenne régionale de 1,69 et des valeurs tout à fait inférieures dans les autres départements, en particulier Seine et Marne (0,45), Seine Saint Denis (0,56) et Val d’Oise (0,66).
Pour une densité moyenne en région de 2,42
praticiens pour 10.000 habitants, la valeur maximale est de 5,14 (Paris)
et minimale de 1,33 (Seine et Marne). C – Les spécificités franciliennes 1-les pratiques tarifaires des généralistes libéraux. En Ile de France, le secteur 2 est représenté dans 242 cantons (sur un total de 258) qui sont répartis sur l’ensemble des départements et, dans Paris, sur l’ensemble des arrondissements. La majorité des 84 cantons classés en zones fragiles est concernée par le secteur 2 (73). Toute corrélation est cependant difficile à établir, en raison de la forte dispersion selon les cantons des pourcentages de généralistes libéraux exerçant dans le cadre du secteur 2. L’Ile-de-France connaît toutefois une sur-représentation du secteur 2, puisque la proportion de généralistes rattachés à ce secteur est de 35% dans la région (16% en France) et celle des spécialistes est de 60% (38% en France). 2- Des populations en situation de précarité Région à fort développement économique, l’Ile-de-France se caractérise aussi par la présence, sur son territoire, de populations en situation de précarité. Bénéficiaires de la couverture maladie universelle, anciens bénéficiaires de l’aide médicale dépassant le plafond d’accès à la CMU complémentaire, bénéficiaires de l’aide médicale de l’Etat constituent des groupes de population présents, pour l’essentiel, à Paris et en petite couronne. Disposant de faibles ressources et, souvent, d’une information insuffisante sur le système de soins, ces populations n’ont pas recours à l’offre de soins de ville. Elles s’orientent plus naturellement vers des structures où la gratuité des soins leur sera possible : hôpitaux, centres de santé, consultations humanitaires, réseaux de santé de proximité organisés spécifiquement pour leur prise en charge. 3- Une région dense, à fort déplacement quotidien de la population Un tel aspect complique les approches territoriales et
la détermination des territoires sanitaires pertinents. IV\ CONCLUSION La méthode proposée par la DREES permet une analyse de l’offre de soins de proximité à travers trois critères complémentaires : densité d’implantation et d’activité des professionnels libéraux, niveau de consommation des usagers. Cette méthode, si elle permet de dégager des territoires
moins bien pourvus que d’autres en professionnels libéraux, ne
permet pas de déduire une insuffisance d’offre qui justifierait,
par exemple, de rendre ces territoires éligibles aux aides à
l’installation (décret du 28 novembre 2003). Les travaux méthodologiques et pratiques vont se poursuivre avec l’URCAM et l’URML pour mieux qualifier les zones fragiles repérées. V\ GLOSSAIRE MénageEnsemble des occupants d’un même logement à titre de résidence principale, quel que soit leur lien de parenté. Un ménage peut se réduire à une seule personne. Il peut comporter zéro, une ou deux familles, ainsi qu’un certain nombre de personnes dites " isolées ". Mortalité Morbidité Unité urbaine
VI\ ANNEXES
Annexe1 : Répartition de la population en Ile-de-France par tranche d’âges en 1990 et 1999
Sources : INSEE RP 90 et 99 Annexe 2 : Répartition de la population francilienne par tranches d’âges en 1999
Sources : INSEE RP 99 Annexe 3 : Nombre de lits et places autorisés en MCO (hors HAD) en 2003
Source inventaire DRASSIF Octobre 2003 VII\ BIBLIOGRAPHIE
ARH Ile-de-France
ARH Ile-de-France
INSEE Ile-de-France et IAURIF
Fait à PARIS, le 4 Juin 2004
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